09 – NOUS SOMMES TOUS DES PORNSTARS

Du 3 au 5 mars 2016
jeudi à 19h, vendredi à 20h30, samedi à 19h


Affiche de "Nous sommes tous des pornstars"Nous sommes tous des pornstars, par la compagnie des Ombres (CH)

Bettina, Marilou et Doria : n’importe quelles passantes croisées dans la rue ? Oui, mais aussi trois comédiennes venues témoigner de leur carrière dans le cinéma X.

Avec Nous sommes tous des pornstars, l’auteur et metteur en scène Jérôme Richer imagine la pornographie comme un reflet déformé de notre société et donne la parole à ces actrices qui se dévoilent avec une grande douceur et une absolue sincérité.  Elles nous offrent un reflet de ce que nous sommes, de notre société où la performance est érigée en règle absolue, où les corps sont transformés, modifiés pour obéir à une norme imposée.

 

Distribution
Extrait du texte
Trois questions à Jérôme Richer
  • mise en scène et scénographie : Jérôme Richer
    jeu : Fanny Brunet, Martine Corbat, Katy Hernan
    lumières : Joëlle Dangeard
    son et vidéo : Laurent Schaer
    costumes : Irene Schlatter
    objets en tricot : Ursina Ramondetto
    maquillage : Rebecca Güller
    administration : Maël Chalard

     

    avec le soutien de : Département de la culture et du sport de la Ville de Genève, Fondation suisse des artistes interprètes, Fondation Jürg George Bürki, Loterie Romande, Fondation Ernst Göhner, Département de l’instruction publique, de la culture et du sport du Canton de Genève

  • KATYA

    « Mes amis trouvent que mon défaut, c’est que je suis trop attirante. C’est vrai. J’ai un problème avec ça en fait. Pourtant, en dehors du porno, je n’ai pas eu beaucoup de rapports sexuels. Quatre. Oui. Quatre seulement. Je ne sais pas pourquoi. J’ai dû rencontrer de mauvaises personnes. Oui. Les garçons, ils n’étaient pas très sympas avec moi. Ils ne pensaient qu’au sexe. Alors que moi non. Enfin. Avant je travaillais avec des enfants. Je travaillais dans une école maternelle. Puis j’ai passé le concours pour rentrer dans l’armée. Après ça toujours été l’armée pour moi jusqu’au jour où j’ai enlevé ma culotte et là, tout a changé. L’armée, c’est aux oubliettes maintenant. Je ne suis pas faite pour l’armée. Si j’étais partie à l’armée, j’aurais eu des problèmes de comportement. Avec les garçons. Je sens que ça aurait posé problème. Parce que je pense que je suis née pour ça. Oui. Je suis née pour plaire. Pour attirer les hommes. Les séduire. Voilà quoi. »

     

    RAJOUTER UN A

    « Selon une étude apparemment très sérieuse, les femmes dont le prénom se terminerait par un A auraient un nombre beaucoup plus important de partenaires sexuels. Alors j’ai voulu tenter l’expérience pour sortir du néant sexuel dans lequel je suis plongée. Honnêtement, depuis que j’ai rajouté un A à la fin de mon prénom, je n’ai pas vraiment senti la différence. »

  • Nous sommes toutes des pornstars, le titre est un peu provocateur ?
    Pas vraiment. Ça part d’une véritable réflexion autour de la place de la pornographie dans notre société. Régulièrement il y a des débats dans les médias sur la place trop grande qu’occuperait la pornographie dans l’imaginaire des plus jeunes (et sur ses conséquences fâcheuses) liée à son accessibilité facilitée à l’heure d’internet. Pourtant, pour ma part, plutôt que de condamner simplement cet état de fait (qui pose effectivement question), j’essaie de m’intéresser à ce que cette omniprésence de la pornographie dit de nous. Et si la pornographie n’était qu’un reflet déformé de la société dans laquelle nous vivons ? Et si au-delà des images d’Épinal, il était possible de dresser à travers le monde de la pornographie un portrait de notre humanité ? Car qu’est-ce que c’est la pornographie ? Qu’est-ce qui peut être qualifié de pornographique ? La société dans laquelle nous vivons ne serait- elle pas plus pornographique que les films qualifiés comme tels ?

     

    Est-ce que le fait que tu sois un homme joue un rôle dans ton choix de travailler sur ce sujet ?

    Je crois oui. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai dit aux comédiennes quand je les ai rencontrées. Il y a évidemment une grande part de questionnement personnel. C’est en somme mon propre voyeurisme que je souhaite mettre en jeu. Un spectacle pour moi, ça part toujours de quelque chose de très intime. De quelque chose qui me touche et dont j’ai le sentiment que ça peut intéresser quelqu’un d’autre que moi. Je fais toujours ce pari un peu de fou de me dire qu’en tant être humain, je vis en mon sein toutes les contradictions de la société. Je n’ai qu’à prendre le temps de m’observer pour parler du monde qui m’entoure.

     

    Est-ce que c’est un spectacle pour les voyeurs ?

    S’ils aiment être frustrés oui. Car comme je l’ai tout de suite dit aux comédiennes, je ne tiens pas à dévoiler leur corps sur scène dans une volonté d’imitation du cinéma x. En fait, ça ne m’intéresse pas. Ça ne veut pas dire qu’il n’y aura rien à voir. Ça veut dire que je ne vais pas travailler sur les codes du cinéma pornographique, mais plutôt chercher à les transposer dans notre univers quotidien. Pour parler de pénétration et sans être vulgaire, il y a plein de possibilités avec les objets qui nous entourent. J’ai d’ailleurs presque en parallèle à ce spectacle une envie d’écrire pour une actrice une fausse réunion, genre Tupperware, où la comédienne-vendeuse exposerait différents sex-toys qui ne seraient que des objets du quotidien détournés. Plus sérieusement, pour revenir à la question du voyeurisme, elle fait évidemment partie de mes questionnements. Car je ne peux pas donner un titre comme Nous sommes toutes des pornstars à un spectacle et ne pas me soucier de ce que ça peut amener comme attentes, fantasmes de la part des spectateurs. Même si je ne sais pas encore comment je vais traiter ce point, je souhaite en faire un de mes axes de travail et de réflexion. Si le spectacle a un caractère déceptif au niveau du voyeurisme pour le spectateur, il faut que ça soit pleinement assumé et pris en charge sur scène.


durée : 85 min. âge conseillé : dès 16 ans
plein tarif : 30.- CHF, tarif réduit : 20.- CHF (gratuit pour les titulaires de la carte 20 ans 100 francs)
réservations sur www.petitheatre.ch/reservations ou au 027 321 23 41.






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