06 – BOURBON

spectacle de la compagnie Vasistas
de et avec : Claire Deutsch et Camille-Alban Spreng
du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre 2018 au Petithéâtre de Sion
la machinerie peut s’occuper de vos enfants le dimanche 2 décembre, dès 16h30

RÉSERVATIONS


Une professeure délirante donne un cours sur l’insomnie dans des conditions étranges.
Elle a perdu John. Et pourtant, bizarrement, il est toujours là. Il est dans sa chambre. Toute la nuit. Il joue. Un musicien. Il teste à quelle fréquence vibrent les choses. Elle n’arrive pas à dormir. Qu’est-ce qui résonne, là, alentours ? Et dans sa tête ? Qu’est-ce donc ce petit O en elle, qui grandit ? Elle tourne autour de la bouteille qui contient le rêve qu’un jour elle a fait. La vider jusqu’à la lie ? Jusqu’aux amours ?

« Et vous nous direz : quel rapport entre le bourbon et l’insomnie ?! C’est que nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il est indispensable qu’un insomniaque possède un lit et une bouteille de bourbon s’il veut réaliser une œuvre digne de ce nom ! »
(Claire Deutsch et Camille-Alban Spreng)

Distribution
La compagnie
Extrait
  • de et avec : Claire Deutsch et Camille-Alban Spreng
    lumière et regard extérieur : Joana Oliveira
    régie lumière : Nidea Henriquez
    scénographie : Neda Loncarevic, assistée de Lynn Ojalvo
    conception matelas : Veronica Segovia
    collaborateur artistique : Vincent Brayer
    administration : Olivier Blättler
     
    production : compagnie Vasistas
    avec le soutien de : Ville de Lausanne, Canton de Vaud, Loterie Romande, Fondation Ernst Göhner

  • La Compagnie Vasistas

    La Compagnie Vasistas naît avec le projet BourBon et de l’envie de poursuivre une recherche sur la correspondance entre musique, poésie et théâtre. Le son, la voix, le corps et les mots sont des véhicules d’énergie, d’émotion, d’image et de sens. Comment mettre en tension ces éléments pour qu’une alchimie s’opère ? Comment, grâce aux sons, à la voix, au corps et aux mots donner forme à la réalité invisible de la pensée, des rêves et de l’imagination ? La Compagnie Vasistas désire se pencher sur le monde du dedans et voir comment c’est possible de communiquer ce qui y grouille à d’autres, les spectateurs. La scène/la salle est un endroit de mise en rapport, de rencontre et de perturbation. Si la concentration de chacun est au Rendez-vous, la fête peut avoir lieu.

    Claire Deutsch

    Claire Deutsch naît et grandit à Strasbourg. Au Lycée, elle s’engage en filière littéraire et commence à écrire des poèmes, des aphorismes. Elle présente, aux 2ième rencontres de Molsheim « L’Image et le Verbe », le recueil Religio, qui reçoit le prix Michel Burg. Après un Bac L/Option Théâtre, elle fait une année d’Hypokhâgne, puis rejoint La Faculté de Lettres Modernes où elle passe le Deug, la Licence et la Maîtrise. Elle écrit un Mémoire sur la figure de la femme dans l’œuvre de Georges Brassens. Elle suit une formation à l’IUFM, écrit un Mémoire sur La Relaxation à l’école et devient Professeur des écoles, métier qu’elle exerce durant deux ans. Elle commence ensuite des études de comédiennes à Lausanne, à La Manufacture. Elle écrit un Mémoire sur la place du silence dans Ode Maritime (Pessoa) de C. Régy. Claire écrit pour le théâtre, à partir d’improvisation, en tant que comédienne dans plusieurs pièces. En 2011-12, la rencontre avec le metteur en scène Krystian Lupa est fondatrice autant pour le jeu que pour l’écriture, le rapport à la pensée et au rêve. Elle met en scène et co-écrit avec Raphaël Heyer Nouveau Monde et se lance dans l’écriture de BourBon, pièce qu’elle met en scène avec le musicien Camille-Alban Spreng.

  • Et d’un coup, dans le livre, y’a une coupure. Des pages blanches. Tu tournes les pages et y’a rien. Au bout de la troisième page blanche, y’a un deux en chiffres romains qui apparaît et après y’a encore trois pages blanches. Hm hm…Le mystère des pages blanches… on se dit mais qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que ça veut dire ? Et vous savez quoi ? J’ai appris que l’auteure s’est battue avec l’éditrice pour que ces pages blanches existent. Vous vous rendez compte ?! La première fois que j’ai lu ce livre, je suis restée sidérée par ces pages blanches, je sais pas, c’était étrange, j’arrivais plus à avancer. J’ai commencé à repenser à ce qui c’était passé avant. Ça se mélangeait avec des souvenirs à moi. Quand j’étais petite, j’ai déménagé en milieu d’année scolaire, je suis allée dans ma classe dire au-revoir, rendre le livre que je lisais « Belle et Sébastien » et je suis partie avec mon père. La porte s’est fermée et d’un coup, j’ai tourné la dernière page blanche et je me suis mise à pleurer avec le pressentiment que le paradis était fini. Ces pages blanches, j’ai trouvé ça génial, c’est comme un appel à la pause.
     
    Ces pages blanches, j’ai trouvé ça génial, c’est comme un appel à la pause. Ces pages blanches c’est comme un trou noir. Une plage d’ennui, immense, comme un désert, où on peut étaler toute sa langweile, son humeur vide, sa nonchalance. C’est rare. Faire une sortie de route. Sur les bas-côtés. Tu ressens un soulagement. Ah enfin! du vide autour de toi, pas de stimuli, que toi, tu peux te taire, marcher, dans un sens, dans l’autre, t’asseoir, regarder, écouter. Et au bout d’un moment, tu te dis bon, ok, tout est possible, cool. Tu ralentis, tu te sens un peu fatigué. Tu t’arrêtes. Des pensées te traversent. T’attends, t’attends que quelque chose se passe. Tu espères que quelque chose se passe. Puis plus. T’abandonnes. Et dans le fonds, tu commences à sentir quelque chose d’un peu énervant, qui se met à bouillonner en toi, à se tendre, à se lever. Tu te lèves. T’as l’impression que les choses autour de toi te regardent. T’as envie de leur faire des reproches. T’as envie de tout bazarder. T’as la rage. La rage dont parle cet auteur qu’on a étudié en début d’anné, la rage qui se tapis sous l’ennui comme un petit animal prêt à sortir les griffes. L’ennui est un masque sur le visage de la rage. C’est ça qu’il dit. L’ennui est un masque sur le visage de la rage. La rage d’être vivant et de devoir se soumettre à l’évidence : Le temps passe et après quick quick c’est terminé.

RÉSERVATIONS  du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre 2018
  vendredi à 20h30 · samedi à 19h · dimanche à 17h
  durée : 75 min.   âge recommandé : dès 14 ans
  plein tarif : CHF 30.- / tarif réduit : CHF 20.-
  entrée libre : 20 ans 100 francs et pass bienvenue




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