Chronique de Pierre-André Milhit à propos du spectacle 05 – La cuisinière d’Ivan Andreïevitch ‘version longue’ (saison 2018-2019).

ce devait être une farce entendue
où on se tape la main sur la cuisse
et l’on expulse un hahaha ! grotesque

et puis cela devient un oh ! de surprise
on a les jambes coupées alors va te frapper la cuisse !

il y a du froid et de l’écho devant la porte d’entrée
on ne saisit pas bien qui a dit quoi
qui a répété quoi
qui a contrefait qui
qui a parlé pour soi ou pour l’autre
c’est pourtant le même malaise, la même angoisse
le même malaise, la même terreur
et l’immanquable fuite

il y a un chat et de la poussière sous le lit
on cherche a savoir si elle est la cuisinière
la maîtresse ou la femme
ou les trois à la fois
ou ni l’une ni l’autre
et qu’elle est de passage chez elle

il y a un miroir dans la cage d’escalier
un chien inquiet, un chien témoin, un chien mort
il y a des ombres qui chuchotent
il y a des silhouettes qui s’interchangent
le miroir devient palais des glaces
cela fait beaucoup de maris, beaucoup d’amants

et puis il n’y a plus personne
la vie n’est que fantasme, songe et mensonge
la vie est vraie et son double est l’authentique
la vie est claire, noyée dans l’eau trouble
la vie est une farce, on en fait tout un drame

la vie ce soir est cuisinière
son soufflé ne retombe pas
son manqué est une réussite
je voudrai la recette de son parfait

La cuisinière d’Ivan Andreïevitch (photo : Michaël Abbet)

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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