Chronique à propos du spectacle 10 – Iris et moi (saison 2017-2018).

porter un prénom qui est un nom de fleur
façonner une vie comme une suite d’actes autodéterminés

souvent la fleur n’est présentée que coupée et en bouquet
tu parles d’une vie indépendante et libre !

l’iris (nom masculin) se fait reine quand il trône parmi d’autres fleurs
l’iris sauvage resplendit de poussière d’or dans les friches des talus

quand l’iris vient au théâtre, sa place est sur la scène
les murs frissonnent, l’amour se propage
l’amour cette machinerie folle
des pieds à la tête, des mains au ventre, du poumon à la langue,
de l’aorte aux yeux ( l’iris encore et toujours)

une chanson sirop
une danse obsolète et sépia
une lettre, deux lettres, cent lettres, mille lettres
une vie de feuilles noircies par le doute et l’argument, par l’envie et l’affirmation
une vie, la sienne, la tienne, la vôtre, la mienne aussi

ce n’est qu’un début, la suite sera au creuset de la forge
ce n’est qu’un début, la main ouverte après le poing levé
ce n’est qu’un début, le rendez-vous est pris

parler d’une femme et de soi
et rire du nom des fleurs

un point d’interrogation parce que la question vaut mieux que la réponse
un point de suspension parce que chuchoter est encore en trop
« un point d’exclamation après une phrase forte »
un point final abandonné parce qu’il n’y a jamais de fin

ne pas oublier de remercier la tulipe

Iris et moi (photo : Félicie Milhit)

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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