Chronique à propos du spectacle 08 – Mon histoire vraie • Sara (saison 2017-2018).

Mon histoire vraie · Sara (photo : Dorothée Thébert Filliger)

C’est sympa ces poils noirs, cette fourrure qui fait le mur. C’est doux, et grinçant, et ridicule. Peut-être comme l’adolescence, quand on la revisite, comme si on y était, doux, grinçant, ridicule.

On a été cruels. Avec A. qui avait les cheveux filasses et des grosses lunettes. Ou avec F., qui ne savait pas faire l’échauffement des poignets à la gym, elle faisait comme si elle se lavait les mains. On a sûrement été le dindon de la farce, à un moment donné, ça tenait à si peu de choses. Ou alors on a réussi à se trouver du côté des loups, toujours, dans le camp des gagnants. Un style de vie.

Ça se finit pas toujours en gang bang, l’adolescence. Mais il y a la quête identitaire, et les désillusions, et le panache des amours éternels de deux jours, et le développement neurologique inachevé. Et un petit arrière-goût dans l’âme (si elle existe), peut-être, la faute au manque d’héroïsme et de sagesse.

La vie se joue sur tous les plans à la fois, quatrième mur, deuxième plan, un peu de regard méta, comme on peut, et beaucoup de choses à se prouver. Et quand on a vieilli, quelle est la part d’ado qui reste, qui fait sa trace comme des barres d’obstacle dans la sciure, qui fait ce que l’on est aujourd’hui ?

Un journal intime écrit à posteriori, qu’est-ce que ça donne ? Le loup menace toujours le troupeau. Peut-être qu’à un moment donné, arrive le bon berger, faute de loups dans de meilleures dispositions. Avec un peu de chance.

par Magali Charlet

Magali a de nombreuses cordes à son arc ! Elle a notamment été active pendant plus d'une année au sein de l'équipe du Petithéâtre et elle est, depuis, restée une habituée du lieu et une blogueuse régulière.


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