Chronique à propos du spectacle : 01 – Cette nuit encore jouer les pierres (saison 2017-2018).

Intensité continue et pas un instant d’ennui. Les questions et réflexions se sont bousculées et il est impossible de les refaire toute s’entrechoquer ici.

La vision dessine la désolation résultant d’un oubli fondamental, celui d’être au monde pour soi. Existe ou tu finiras squelette ou ivrogne. L’autre ne peut pas porter ta vie. S’appartenir crée le désespoir. Vision d’un couple qui n’a pas pu, ou pas su, ou peut-être pas penser la continuation et l’épanouissement de deux êtres libres. Les acteurs m’ont plongée dans les profondeurs d’un fossé, celui qui se creuse quand l’amour devient dépendance ou acharnement, à la place d’une réserve de bonheur tel qu’il l’était à son apparition. Ils parlent mais ne s’entendent pas, ou plus (selon le degré de pessimisme) enfermés dans leurs propres pensées.

Et comment exister avec le malheur du monde ? Il est insupportable. Comment faire pour supporter la mort des enfants ? C’est trop lourd. Et pourtant, comment faire pour supporter la mort des enfants ? Question puissante, résonnante, extrêmement actuelle, et pourtant insoluble.

Les textes prophétiques-poétiques ont d’ailleurs enrichi une atmosphère toute particulière d’une touche presque gothique. Une fatalité, une force dionysiaque… Elle ramène le chaos car l’harmonie est une illusion… Ces mots ont laissé une image de lave et de boue torrentielles amenées à tout détruire sur leur passage.

Ce que j’aime au milieu de ce chaos, c’est que le beau le fut parce qu’il était éphémère. Il ne peut exister qu’à côté du laid, à tel point qu’il devient sublime. C’est seulement ainsi qu’il restera dans les mémoires pour illuminer. Elle le garde là… je suis à toi mais je ne suis pas à toi… et je reprends ma liberté.

Bref, un voyage intérieur en continuation…

Cette nuit encore jouer les pierres (photo : Stefan Hort)

par Désirée Monbaron

Blogueuse régulière du Petithéâtre. Enseignante de littérature française. Amatrice d’idées et de créativité!


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