Chronique à propos du spectacle : 08 – Manque (saison 2016-2017).

Manque (crédit photo : Félicie Milhit)

nous sommes des êtres partagés, écartèlement ou déchirure
nous serions des êtres de partage ?

ouvrez les fenêtres, on manque d’air
murez les fenêtres, la lumière brûle et aveugle
heureusement les mots apaisent
heureusement les mots nous justifient, donnent les clés, réparent
las, quelques mots fusillent la quiétude
las, quelques mots dépiautent l’indicible, désinfectent ou tranchent dans le vif
le texte est un rempart contre la nuit
le texte repousse le hachoir du désespoir

nous sommes des êtres rapiécés, tacons ou greffes
il y a des erreurs dans le réajustement des pièces
nous pourrions être dissous dans le magma humain ?

ouvrez les fenêtres, je veux m’envoler
fermez les portes, je ne peux voir personne
sublimement les mots délivrent
sublimement les mots invectivent le véridique, dissèquent le faux, délient
sait-on quand le monologue devient dialogue avec son fantôme ?
sait-on si le discours vient du cerveau ou de l’âme ?
le texte est un toboggan qui nous propulse vers demain
le texte déclenche la tornade

fermez portes et fenêtres, je ne veux voir personne
cassez les murs et les serrures, ma maison est inutile
embrassez-moi, je ne suis plus personne
enlacez-moi, je vais m’évader

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


@