Chronique à propos du spectacle : 09 – L’âne et le ruisseau (saison 2016-2017).

L’Âne et le Ruisseau (photo : Isabelle Meister)

même sous Meetic, la rencontre amoureuse est une énigme
c’est une équation non résolue
quand elle est résolue, elle devient dogme, et c’est la débâcle
la rencontre amoureuse se dessèche sous le vent
elle crame sous le cagnard
elle pourrit dans le marigot
elle s’éteint d’ennui

vous connaissez, ma chère, les règles du jeu de dame mieux que moi
je vous raconterai les échecs et l’homme noir
vous m’apprendrez le jeu à l’élastique
je vous initierai à la patience, celle nommée solitaire

l’amour est une convenance, une contrainte morale et publique
conquête, croisade, territoire et propriété
l’amour est un imbroglio entre cervelle, cœur et ventre
palpitations, fièvre, rejet et petite mort

je vous dis que je vous aime
sans le dire et parce vous devez le deviner
et j’attends que vous m’aimiez, c’est un ordre
je n’entends pas que vous m’aimez
sans le dire et je devrais vous croire
et vous attendez que je vous serve, c’est sans condition

le mensonge amoureux est une élégance grotesque
c’est un miroir empoisonné au sortir du confessionnal
c’est un coup de soleil sous l’éclipse
c’est Vénus dans une flaque de boue
c’est l’ennui qui joue au dictateur

la blessure d’amour
j’ai ma réserve d’étoupe et mon poste à souder

je reste avec deux inquiétudes :
l’importance et la nécessité d’une porte qui grince
quand elle ne grince plus, où est la surprise de l’amour

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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