Chronique à propos du spectacle : 04 – Perplexe (saison 2016-2017).
Perplexe (photo : Sylvain Chabloz)

Perplexe (photo : Sylvain Chabloz)

l’imaginaire quitte la cervelle et s’installe au milieu du salon
surprise, doute, abandon, tant pis tant mieux
les amis ne sont plus les amis quand la facture est impayée
des étrangers s’installent dans les meubles, dans les habits
ils vivent nos vies sans vergogne
et sans demander l’autorisation

j’aurais bien voulu qu’ils cessent de décrire mes rêves

l’illusion sent la sueur, la pourriture, la mort
qui sont ces pantins qui hantent le plateau ?
mon personnage en mosaïque de verres cassés en pyrex
mon âme vue dans un kaléidoscope forcené
mes amours fantasmés en kit improbable tant pis tant mieux

j’aurais bien voulu être invité dans leur soirée à thème

la dérive est le fruit des vents contraires
être con et sexué permet l’évolution, tant mieux tant pis
la réalité est trop crue, seule son ombre permet la survie
il faut tuer Dieu, le père et la mère, pour trouver la liberté d’être aliéné

j’aurais bien voulu le partage des nourritures
la parade nuptiale est jubilatoire et grotesque
heureusement que le mur nous cache tant pis tant mieux
on ne saura jamais qui sera pétrifié par le volcan

j’aurais bien voulu être la fraise tagada sur les lèvres de Marie

la berceuse a pour vertu d’apprivoiser l’insomnie
le sommeil est une défaite tant mieux tant pis

je mets ma tête à couper que le théâtre fait nuit blanche

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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