Chronique à propos du spectacle Tiempos (6).
Crédit photo : Michaël Abbet

(photo : Michaël Abbet)

le banc
à peine plus de deux mètres de vie linéaire

le calendrier lunaire
la litanie des saints
la nuit des quatre temps
la mémoire collée au fond de la marmite
la corde de guitare qui s’effiloche
le fil de l’eau, le fil d’Ariane, le fil du temps
l’araignée qui gratte le fond de la marmite
la peur qui recuit et s’évapore

le banc, le banc du temps
le temps, le temps d’un banc

la ville accueillie
la pluie renouvelée
les mystères, les mythes
les rythmes, les rites
la leçon de choses sans paroles
l’inexplicable rencontre
l’inavouée rupture
le quelconque renoncement

le magique
à peine une allumette de Bengale dans l’artifice de la vie

le tictac imaginé sonnant dans la mémoire
l’ennui d’un dimanche de pluie
la marionnette rebelle
le comédien qui disparaît derrière son gant
la marionnette qui rote et qui ronfle
la comédienne qui siffle et qui danse
la neige dans le cou, frisson, frissonne
l’ambulance blafarde, pimpon, pimponne

le magique, la magie du temps
le temps, le temps des magiciens

le fil invisible qui se voit
la coulisse au-devant de la scène
l’accessoire qui dicte son camp
le baiser qui mouille
le chagrin qui renifle
l’illusion brûlée au fond de la marmite
l’accordéon en gélatine, le saxophone en sauce
le coq qui fiente sur la ville , kikeriki, kikeriku
la corneille qui emporte les rêves, pirouli, pirouette

la magie fait son nid dans nos cervelles
le temps suit la débâcle de nos veines
la magie est un coucou dans mon nid d’alouette
le temps marche au pas de ma musique

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


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