Chronique à propos du spectacle Obsession (2).
(photo: Olivier Carrel)

(photo: Olivier Carrel)

bateau traversé nuage dissout

ratatam tatatatam tam !

bateau traversant la ville guidé par les fils du trolleybus
bateau traversé de pétrels et de frégates
nuage de poudre d’écume de sourire
quand arrivera dimanche elle aura des cornes aux genoux

la lampe à carbure
non ! la comète
ah ! la comète qui nous entraîne
et vlam !
dans les caravanes de soufre de curcuma de glaïeuls

ratatam tatatatam tam !

bateau attendant sagement devant le passage des aveugles et des borgnes
bateau attendu par les fous et les macareux
une fusée de carnaval annonce
ratatam !
le défilé de la majorette têtue
quand arrivera jeudi il dégringolera de son toboggan de croches saperlipopettes

je
ratatam !
je vous
tatam !
JE VOUDRAIS
tam !

qui décide ?
le pantin ou la musique ?
la pantine ou le musicien ?
qui négocie ?

et vlam !
j’ai senti le sable crisser sous les molaires
j’ai senti le vent dessécher les paupières
c’est la bataille des latitudes à conquérir
c’est la bataille des claudications victorieuses

écrire
ECRIRE les cordages les machineries les ventilateurs

ratatam tatatatam tam !

qui refuse de décider ?
confiance lassitude détachement
risque abnégation abandon
pantin pantine
musica musico

écrire
écrire le bruit des mouvements
laisse courre sans faire gaffe
et vlam !

quand elle s’éloigne du tintamarre
le piano fait de l’aile delta sur les places publiques
c’est la bataille qui botte le cul de la défaite
c’est la bataille des bretelles à fous-rires

tatam !
je n’ai pas parlé de guerre
le mot qui frappe l’enclume
tatatam !
n’a plus de sens
et n’est plus qu’un son
sensu sangsue
senso sans os
sensé no sense
song sing
sing sing
sens
le mot qui clape l’enfume
tatatatam !

comme le sang qui pulse
comme le regard qui se dévide
COMME le doigt sur la détente

qui décide
mais qui décide vraiment ?
de négocier

le premier qui dégaine offre son poitrail
le premier qui prie fait pitié
ah ! misère de miserere !

sacrifice précipice
sacrifice précipice
précipice sacrifice
sacripant et centripète
sacrilège et centrifuge

le bateau attend la dernière benne de la télécabine
le nuage s’est dissout dans l’éprouvette d’ammoniac
quand arrivera dimanche ELLE aura des bijoux à ses omoplates

ratatam tatatatam tam !

l’ampoule à kérosène
non ! le météorite qui prend le large
ah ! le météorite fourbi de nos s.o.s
et vlam !
qui échappe à nos ressentiments

j’ai senti le sable raboter ma tuyauterie
j’ai senti le vent flûter dans mes fémurs

le bateau composte un ticket non valide pour la route des alcools
le nuage s’est perdu dans le brouillard
quand arrivera jeudi il mangera la soupe aux cailloux blancs

la mélancolie n’a pas de laisser-passer
laisse pas passer la mélasse franche de collier
passe l’ancolie sur la messe mélimélo
pas de mélisse et pas de passe-passe

qui décide ?
celui qui fait la musique ?
celle qui fait la DANSE ?
le pantin qui patine ?
la pantine qui range ses babouches ?

et je me souviens des bataille du souffle et des purges
ET je me souviens des batailles des trachées et des globules
quand arrivera dimanche COMME elle sera belle
sous les lampions des fêtes votives

bateau gaillard devant
reptile entre deux eaux
nuage de dés à coudre et de pelotes d’aiguilles
quand arrivera jeudi IL fermera la boite à outils

ratatam tatatatam tam !

la lampe à huile
non ! l’étoile filant par le trou de la serrure
ah ! l’étoile filante agacée de vent coulis
et vlam !
qui FAIT valser les collines

j’ai senti le sable ravivant LA mémoire
j’ai senti le vent détricoter la MUSIQUE

qui va décider ?
qui va pouvoir négocier ?

quand il quitte le piano c’est une armée qui se met à chanter
c’est la bataille qu’on aura oublié demain

ce n’était qu’une bataille

c’est décidé
je sors du jardin par le soufflet de forge
je marche sur le chemin de l’archange

bateau traversé
nuage dissout

tatam tam !
tatam tam !
tam !

par Pierre-André Milhit

Pierre-André Milhit est né en 1954 à Saxon et vit aujourd'hui à Montorge sur Sion. Il a pratiqué treize métiers parmi lesquels chauffeur-livreur, employé de pompes funèbres, garçon de café. Il est désormais travailleur social et rédige régulièrement des chroniques pour ce blog.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


@